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Rencontres Latines - 2017

avec le soutien de la

Présentation du concours et Programme de la journée
Texte de la version
Traduction de la version
Résultats
Organisateurs, comité scientifique, comité d'honneur
Allocution du Président des "Rencontres latines"
Donateurs
La presse


 

La 32e édition des "Rencontres latines – Concours de version latine "Marius Lavency" se déroulera le mercredi 8 mars 2017 de 09h00 à 13h00 à l'Université de Namur rue de Bruxelles 61, B-5000 Namur, Belgique. Ce concours est destiné aux élèves de 6ème option latin.

Université de namur
http://www.unamur.be
Pour s'y rendre  : ATTENTION voir à 2ème envoi pour accès à l'amphithéâtre Pedra Arrupe !
Namur     Campus Documents à télécharger en version imprimable :

1er envoi (cliquez ici pour 1 &2 / cliquez ici pour 3  / cliquez ici pour 4)
  1. l'invitation adressée aux directions des établissements d'enseignement secondaire de l'enseignement libre francophone et germanophone
  2. l'invitation aux professeurs de langues anciennes
  3. un bulletin d'inscription des élèves
  4. un bulletin d'inscription comme surveillant (le matin), correcteur (l'après-midi)
2ème envoi

Présentation du concours et Programme de la journée

L'objectif principal du concours, destiné aux élèves de 6ème option latin, est de permettre à de jeunes latinistes de tous horizons de se rencontrer autour d'un texte de Cicéron et de se mesurer avec lui. Dans cette optique, tout élève est le bienvenu. Il s'agira aussi de sélectionner les participants au concours international de version latine à Arpino (Italie).

dès 9h : accueil des participants
10h : début de la version (extrait d'une œuvre de Cicéron ; grammaire, dictionnaire et lexique autorisés, pas de
                                                     notes de cours)
13h : fin du concours - début des corrections
14h30 : activités pour les élèves
16h30 : correction collective pour les élèves
17h30 : proclamation des résultats

(sommaire)

Texte de la version

L’hommage rendu à un mandataire politique plus que dévoué au bien commun

Sulpicius avait une santé très fragile. Il en était conscient. Malgré tout, il a choisi de faire passer l’intérêt de l’État avant son propre bien-être : il a accepté une mission du Sénat, qui l’envoyait sur les routes pour aller voir Marc Antoine. Il savait pourtant pertinemment que sa santé le lâcherait et qu’il mourrait dans l’exercice de ses fonctions. Dans un discours adressé au Sénat, Cicéron plaide en faveur de mesures exceptionnelles (dont une statue à élever sur le forum).

Sulpicius cum aliquā perueniendi ad Marcum Antonium spe profectus est, nullā reuertendi. Qui, cum ita adfectus esset ut, si ad grauem ualetudinem labor accessisset, sibi ipse diffideret, non recusauit quominus, uel extremo spiritu, si quam opem rei publicae ferre posset experiretur.  […]

Multis illi in urbibus […] reficiendi se et curandi potestas fuit. Aderat et hospitum inuitatio liberalis pro dignitate summi uiri et eorum hortatio qui una erant missi ad requiescendum et uitae suae consulendum.At ille, properans, festinans, mandata uestra conficere cupiens, in hac constantiā, morbo aduersante, perseuerauit.  […]

Reddite igitur, patres conscripti, ei uitam cui ademistis. Vita enim mortuorum in memoriā est posita uiuorum. Perficite ut is quem uos inscii ad mortem misistis  immortalitatem habeat  a uobis. Cui si statuam […] statueritis, nulla eius legationem posteritatis obscurabit obliuio.

Cicéron, Philippiques, IX, 2-10 partim

ligne 1 :   cum aliquā perueniendi … spe …,

                [cum] nullā   reuertendi    [spe]

l. 2 : adficere, io, adfeci, adfectum : ici : affaiblir

l. 2 : accedere, o, accessi, accessum ad + acc. : ici : s’ajouter à

l. 2 : sibi diffidere : ne pas compter sur soi, douter de soi

l. 3 : non recusāre quominus + subj. : ne pas s’opposer à ce que,

                                                                ne pas refuser de

l. 3 : uel extremo spiritu : même au moment de rendre son

                                                               dernier souffle

l. 3 : quam (après si) = aliquam

l. 3 : ops, opis, f. : ici : l’aide, l’appui, l’assistance

l. 3 : experiri, ior, expertus sum si : ici : tenter de voir si

l. 4 : Multis illi in urbibus = illi in multis urbibus

l. 4 : aderat = aderant (2 sujets, accord avec le plus proche)

         id adest : ceci se présente…, il y a ceci…

l. 5 : liberalis, is, e : ici : généreux

l. 5 : una, adv. : ensemble, en même temps [que lui]

l. 6 : consulere + datif : prendre soin de, s’occuper de, veiller à

l. 7 : constantia, ae, f. : la force morale, la constance

(= « la persévérance dans ce que l’on entreprend » [Petit Robert])

l. 8 : ei uitam cui ademistis = uitam ei cui ademistis

l. 9 : perficere ut + subj. : faire en sorte que

l. 10 : legatio, onis, f. : la mission

l. 10 : obliuio, onis, f. : l’oubli – nulla posteritatis obliuio


(sommaire)

Traduction de la version

Traduction du/de la lauréat(e) 

Sulpicius prit la route avec quelques espoirs de parvenir jusque chez Marc Antoine, mais sans aucun d'en revenir. Celui-là, déjà affaibli, doutant lui-même de ses capacités, et bien qu'à sa santé critique venait s'ajouter une lourde tâche, ne refusa pas, même au moment de son dernier souffle, de mettre tout en œuvre afin de voir s'il pouvait apporter quelqu'aide que ce soit à sa patrie. (…) L'occasion de se reposer et de se soigner se présenta à lui dans de nombreuses villes. Non seulement des hôtes, devant le mérite du très grand homme, l'invitèrent généreusement, mais il fut également exhorté par ses compagnons de route à se reposer et prendre soin de sa santé. Mais celui-ci, se hâtant, accélérant encore le pas, déterminé à mener à bien sa mission, persévéra dans cet entêtement, combattant la maladie. (…)
Sénateurs, rendez donc à cet homme la vie que vous lui avez dérobée. L'existence des morts réside en effet dans la mémoire de ceux qui vivent. Faites en sorte que celui que vous avez envoyé à sa perte sans le savoir reçoive de vos mains l'immortalité. Une fois que sa statue sera érigée, nul oubli de la postérité ne ternira jamais son œuvre.

Traduction, "Les Belles Lettres"  (Pierre Wuilleumier, 1964)

(2) Sulpicius avait en partant quelque espoir de parvenir jusqu'à Marc Antoine, mais aucun de revenir. Bien qu'il fût si souffrant que, en ajoutant à son pénible état de santé une fatigue supplémentaire, il désespérait lui-même de ses forces, il n'hésita pas à tenter jusqu'à son dernier soupir de rendre quelque service à la République. […](6) Dans maintes villes […], il avait la possibilité de se reposer et de se soigner ; il recevait à la fois de ses hôtes des invitations libérales, conformes à la dignité d’un tel homme, et de ses collègues des exhortations à prendre du repos et à veiller sur sa vie. Mais lui, se hâtant, se pressant, désireux d'exécuter vos instructions, conserva cette fermeté jusqu'au bout en dépit de la maladie. […](10) Rendez donc, Sénateurs, la vie à celui que vous en avez privé. La vie des morts repose sur le souvenir des vivants. Faites en sorte que celui que vous avez envoyé involontairement à la mort reçoive de vous l'immortalité. Si vous lui élevez […] une statue […], aucun oubli ne ternira dans la postérité l’éclat de sa mission.

Cicéron, Philippiques, IX, 2-10 partim -  Traduction Les Belles Lettres

Traduction "Itinera electronica"

(2) Sulpicius en partant avait quelque espoir de parvenir jusqu'à Antoine ; il n'en avait aucun de retour. Bien qu'il fût tellement souffrant, que, si à l'état déplorable de sa santé se joignait la fatigue du voyage, il dut craindre de succomber, il n'hésita pas, toutefois, de tenter si, jusqu'à son dernier soupir, il pourrait être utile à la république. [](6) Dans maintes villes […], il avait la faculté de prendre quelque repos et de rétablir sa santé : de toutes parts il recevait de ses hôtes de pressantes invitations, inspirées par tout l'intérêt dont il était digne. Ses collègues le suppliaient de s'arrêter quelque temps et de prendre soin de sa vie ; mais lui, pressé, impatient d'arriver, brûlant d'exécuter votre mandat, il sut, en dépit de sa maladie, persévérer jusqu'au bout dans sa résolution. […] (10) Rendez donc, Pères conscrits, rendez la vie à celui que vous en avez privé. La vie des morts consiste dans le souvenir des vivants : faites que celui qu'involontairement vous avez envoyé à la mort reçoive aujourd'hui de vous l'immortalité. La statue qui […] lui sera érigée […] préservera sa légation de l'oubli de la postérité.

(sommaire)

Résultats

1. PIRALI Camille, Institut Saint Jean Baptiste à Wavre
2. UWAYO Nicolas, Institut de la Vierge Fidèle à Bruxelles
3. UYTTERS Marine, Centre Scolaire St-Michel à Bruxelles
4. JONNIAUX Chloe, Institut de l'Enfant-Jésus à NIVELLES
5. FEDI Marco, Centre Scolaire St-Michel à Bruxelles
6. COLLE Jennyfer, Institut de la Vallée Bailly à Braine-L'Alleud
7. DELPORTE Martin, Centre Scolaire St-Michel à Bruxelles
8. AMENTA Valentin, Collège Saint-Augustin à Enghien
9. PONTEVILLE Anne-Charlotte, Centre Scolaire St-Michel à Bruxelles
10. T'JAMPENS Marine, Collège N.D. de la Tombe à Kain
10. NARDI Aline, Lycée de Berlaymont à Waterloo
12. VERHEVE Marion, Collège Saint-Stanislas à Mons
12. BOTTIEAU Sanja, Centre Scolaire St-Michel à Bruxelles
14. DEBATY Lisa, Centre scolaire Saint-François-Xavier 1 à Verviers
15. WATTIEZ Liane, Collège Saint-Stanislas à Mons
16. KAYENBERG Juliette, Collège Saint-Pierre à Uccle
17. LATOUR Marie, Collège Sainte-Croix et Notre-Dame de Hannut à Hannut
18. FISCHER Marine, Collège Saint-Pierre à Uccle
19. KALLAI Louise, Notre Dame des Champs à Uccle
20. RAHMANI Manal, Collège Saint-Barthélémy à Liège

Ont obtenu une mention :

ADAM Caroline
AGHEZZAF Anis
ANTOINE Julie
ASSOIGNONS Elise
BARBIEUX Emma
BENGHALEM Nora
BONHEURE Lena
BOURDY Blandine
CARBONNELLE Alice
CHARLIER Lola
CHRISTIANS Marie
COLLETTE Eloi
DARDENNE Marion
DE SAEDELEER Manon
DEFECHEREUX Elodie
DEFRAIGNE Sandrine
DEMOLDER Sébastian
DENIS François
DETHIER Wendy
DEVOS Elodie
DIONSO Anthony
DUPONT Simon
DURDU Morgane
EL KHARAJ Sana
EL OTMANI Sarah
FINCK Dylan
FIVEZ Constance
FRANCOTTE Thibaut
HUWART Guillaume
JALOCHA Luna
KNEIP Alexia
KWASNIEWICZ Barbara
LAMBERT Simon
LENS Julien
MAGOS Yvan
MARCHAND Sébastien
MAREE Charlotte
MARTIN MORELLE Alba Malena
MATARELLI Luca
MOREAU Juliette
MOULIN Juliette
NAEDENOEN Nadège
NOPERE Gilliane
PIETTE Joséphine
REMY Julien
RENOTTE Axelle
RYELANDT Guillaume
SIMON Claire
SMEYS Samuel
TONGLET Jonathan
TOSIN Paride
TOUSSAINT Gaëlle
VAN LIERDE Laure
VARISANO Luca
WEEMAELS Ugo
WYNS Manon
XHARDEZ Florian




(sommaire)

Organisateurs, comité scientifique, comité d'honneur

Président d’honneur
Yves TINEL (Fondateur des « Rencontres latines ») 

Président
Didier XHARDEZ (Professeur à l'Université Saint-Louis -Bruxelles et sous-directeur au Collège Saint-Michel-Bxl)

Comité scientifique :
+ Marius LAVENCY (Professeur émérite de l’UCL et à l' USL)
+ Etienne EVRARD (Professeur honoraire de l’ULg)
Dominique LONGREE (Professeur à l'ULg  -  Professeur à l'USL)
Muriel LENOBLE (Docteur en Langues et Littératures classiques)
Paul PIETQUIN (Chargé de cours à l'ULg)
+Gérard SCHOUPPE (ancien Conseiller pédagogique en Langues anciennes, professeur au Collège Saint-Michel)

Comité organisateur :
Christelle DECROËS
Jean-Claude DUPONT
Noëlle HANEGREEFS
Michel ROSSEEL
Eric SCARPA

(sommaire)

Comité d'honneur :

S.E. le Cardinal J. DE KESEL, Archevêque de Malines-Bruxelles
S.E. le Cardinal G. DANNEELS
Monsieur C. MICHEL, Premier Ministre
Monsieur D. REYNDERS, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères et européennes
Monsieur W. BORSUS, Ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME
Monsieur R. DEMOTTE, Ministre-Président de la Fédération de Wallonie-Bruxelles
Monsieur P. MAGNETTE, Ministre-Président de la Wallonie
Madame A. GREOLI, Vice-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ministre de la Culture et de l'Enfance
Monsieur J-C. MARCOURT, Vice-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et des Médias
Monsieur M. PREVOT, Vice-Président du Gouvernement wallon et Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine,
Madame M-M. SCHYNS, Ministre de l'Education
Monsieur H. MOLLERS, Ministre de l’Education et de la Recherche scientifique en Communauté germanophone
Monsieur C. DE VALKENEER, Procureur général à Liège
Monsieur D. MATHEN, Gouverneur de la Province de Namur
Monsieur T. LECLERCQ, Gouverneur de la province de Hainaut
Monsieur H. JAMAR, Gouverneur de la province de Liège
Monsieur G. MAHIEU, Gouverneur du Brabant wallon
Monsieur Y. POULLET, Recteur de l'Université de Namur
Monsieur A. CORHAY, Recteur de l'Université de Liège
Monseigneur J-P. DELVILLE, Evêque de Liège
Monsieur X. BAESELEN, Secrétaire général du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Monsieur J-M. VAN ESPEN, Député-Président provincial de Namur
Madame C. ABSIL, Députée provinciale de Namur
Monsieur P. BULTOT, Député provincial de Namur
Monsieur C. GAMBACURTA, Consul général d'Italie
Monsieur E. MICHEL, Directeur Général du SeGEC
Monsieur D. VRYDAGHS, Doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Namur
Madame I. OST, Doyenne de la Faculté de Philopsopie, Lettres et Sciences humaines à l'Université Saint-Louis
Monsieur P. HILIGSMANN, Doyen de la Faculté de philosophie, arts et lettres de l'Université Catholique de Louvain
Monsieur J. WINAND, Doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège
Monsieur G. de CALATAÿ, Président de la Commission de Programmes "Langues et Lettres Anciennes"
Monsieur A. MEURANT, Président de la Commission de Programmes "Langues et Lettres Anciennes et modernes"
Monsieur P-A. DEPROOST, Professeur à la Faculté de philosophie, arts et lettres l'Université à Catholique de Louvain
Madame A-M. DOYEN, Professeur à l'Université Catholique de Louvain et à l'Université de Namur
Monsieur J. DENOOZ, Professeur honoraire de l'Université de Liège
Monsieur J. POUCET, Professeur Emérite à l'Université Catholique de Louvain et à l'Université Saint-Louis - Bruxelles
Monsieur P. ASSENMAKER, Chargé de cours en Faculté de Philosophie et Lettre à l'Université de Namur
Monsieur M. DOOMS, Président de l'Ordre des Médecins - Brabant wallon
Monsieur C. GILLARD, Délégué épiscopal pour l'enseignement- Archidiocèse Malines-Bruxelles
Madame C. PONCHON, Inspectrice de langues anciennes
Monsieur J-P. MOGENET, Inspecteur de langues anciennes
Monsieur F. DEWEZ, Conseiller pédagogique en langues anciennes
Madame M. VAN OVERBEKE, Inspectrice de langues anciennes honoraire
Monsieur Y. BALZAT, Inspecteur de langues anciennes honoraire
Monsieur J-F. KAISIN, Directeur diocésain - Diocèse de Liège
Madame A. BARZIN, Echevine déléguée aux compétences mayorales et en charge de l'Etat-civil et de la Population, de l'Enseignement, des Fêtes et de la Petite Enfance à Namur
Madame C. CREFCOEUR, Echevine de la Culture, de la Lecture publique, des Finances et du Budget à Namur
Monsieur L. GENNART, Echevin du Développement économique et des Voiries à Namur
Monsieur P. PLUMET Président de l'Association Européenne Des Enseignants-Enseignement Libre (AEDE-EL)
Madame F. PATERNOTTE, Présidente de la Fédération Royale des Professeurs de Grec et de Latin
Madame M.-B. MARS, Vice-présidente de la FRPGL
Monsieur R. ROBAYE, Directeur des Editions Namuroises
† Monsieur R. PAGLIARO, Presidente dell'Associazione Laziali nel mondo (Benelux)

(sommaire)

Allocution du Président des "Rencontres latines", Monsieur Didier XHARDEZ
Empêché, cette fois-ci, il a demandé à M. Yves Tinel, Président d'honneur, fondateur des Rencontres latines, de le remplacer et de l'excuser. Il a demandé également à Monsieur Pierre Assenmaker, présenté ci-dessous, d'assurer la 2e partie, c-à-d. la proclamation non sans l'introduire.

Au nom de notre Président des "Rencontres latines", Didier Xhardez qui, empêché aujourd'hui, m'a demandé de le remplacer et de l'excuser et au nom de l'équipe organisatrice de la 32ème édition des "Rencontres latines", je vous remercie de votre présence qui nous honore. Bien sûr, l'affluence n'est pas aussi impressionnante que celle de ce matin, sans doute à cause de l'heure tardive et de cette météo encore hivernale. Mais clôturer cette journée dans la foulée directe du concours et des corrections, devant un public de choix, est pour nous la manière de couronner au mieux cette activité destinée à rassembler, autour du latin, élèves, professeurs et personnalités.

Comme je sais combien vous languissez dans l’attente des résultats du concours, je vais m’efforcer de ne pas être trop long.

Je vous demande néanmoins un peu de patience et d’indulgence.

Comme le disait déjà Cicéron et comme le répétait Didier Xhardez : "Gratia mater uirtutum", la gratitude est la mère des vertus

Mon premier devoir est donc de remercier tous ceux sans lesquels cette journée n'aurait pu se dérouler dans les meilleures conditions. Je le ferai en suivant l'ordre établi par Didier Xhardez.

Nous voudrions tout particulièrement saluer les personnalités suivantes qui nous ont fait l'honneur de leur présence :

  • Jean-Marc Van Espen, Député provincial,

  • Mme Barzin, Echevine déléguée aux compétences mayorales et en charge de l'Etat-civil et de la Population, de l'Enseignement, des Fêtes et de la Petite Enfance,

  • Pierre Assenmaker, Chargé de cours en Faculté de Philosophie et Lettres à l'Université de Namur, qui représente Monsieur Yves POULLET, le Recteur de l'Université de Namur, cette vénérable institution que je remercie vivement de nous avoir à nouveau accueillis : ouvrir ses murs à plusieurs centaines d'élèves est un réel défi qui a pu être relevé d’abord grâce au soutien des autorités universitaires, mais aussi grâce au travail de diverses personnes qui ont assumé de nombreuses tâches, parfois assez ingrates. Je remercie ainsi tout particulièrement Madame Gérimont (service ‘Communication’), ainsi que Paul Pietquin (département des ‘Etudes classiques’).

  • Monsieur Alain Meurant, Professeur à la Faculté de Philosophie, Art et Lettres de l'Université Catholique de Louvain et président de la Commission des programmes en Langues et lettres anciennes et modernes, qui représente M. Vincent Blondel, le Recteur de l'UCL, Monsieur Philippe Hiligsmann, Doyen de la Faculté de Philosophie, Arts et Lettres et M. de Callataÿ, président de la Commission des Programmes "Langues et Lettres Anciennes"

Notre Président Didier XHARDEZ saluait également les personnes qui ont permis la réalisation de ce concours de version latine.
  • Il avait l'habitude de commencer par moi, manière de me présenter, Yves Tinel, le Président-fondateur des "Rencontres latines", ancien professeur et inspecteur de langues anciennes pour le diocèse de Liège.

  • Mon nom était suivi immédiatement de celui de notre ami M. Rocco Pagliaro, President de l'Associazione dei Laziali nel mondo, l’association qui réunit tous les Italiens originaires du Latium, la région de Rome et d’Arpino, deux cités bien sûr étroitement liées à notre concours. Il n'est pas des nôtres, car il ne va pas bien.

Le Merci était ensuite adressé

  • à Monsieur Gérard Schouppe. Il n'est malheureusement plus physiquement des nôtres mais bien en pensée. Gérard est décédé inopinément ce deux février. Gérard était professeur de langues anciennes au Collège Saint-Michel à Bruxelles, il avait été également inspecteur de langues anciennes pour le diocèse de Malines-Bruxelles et il a collaboré avec M. le Professeur Marius Lavency à l'édition des manuels scolaires de la "Collection Lavency". Dans le cadre de ce concours, il a mis sur pied et a assuré la correction collective de la version, avec la compétence et l’enthousiasme qu’on lui connaissait. Dès le début de nos activités, j'ai pu compter maintes fois sur lui. Nous avons perdu un fameux collaborateur.
    Dans le texte de Cicéron à traduire ce matin, il y a cette phrase : Vita enim mortuorum in memoriā est posita uiuorum. La vie des morts repose sur le souvenir des vivants.
    En cet instant, par respect pour sa mémoire et l'immense chagrin de sa famille, je vous demande de bien vouloir respecter une minute de silence.

  • aux membres du Comité organisateur. Didier, et nous nous joignons à lui, tient ici à témoigner une immense gratitude à Christelle Decroës, qui, depuis quatre ans qu’elle a repris le flambeau , ou comme il le dit, le fardeau du secrétariat et de la trésorerie, ne ménage ni son temps ni son énergie pour assurer les multiples tâches inhérentes à l’organisation du concours. Vous n’imaginez pas les heures de travail nécessaires à l’équipe organisatrice pour rendre tout ceci possible.

  • Ses remerciements vont aussi aux membres du comité scientifique : Dominique Longrée (Professeur à l'Université de Liège et à l'Université Saint-Louis de Bruxelles). Muriel Lenoble (Docteur en Langues et Littératures classiques), Paul Pietquin (Chargé de cours à l'Université de Liège et membre du personnel administratif et technique de l'Université de Namur).

  • Nos remerciements et les miens plus particulièrement vont aux plus fidèles des collaborateurs. Je veux parler d'Eric Scarpa et de Jean-Claude Dupont. Ils collaborent, sans discontinuité, depuis 1985. On ne va pas compter les années pour ne pas les vieillir afin qu'ils restent le plus longtemps avec nous.

  • Il remercie également tous les professeurs venus aujourd'hui à Namur tant pour encadrer les élèves et les soutenir moralement dans leur travail, que pour corriger les copies. Un travail de correction ô combien ardu rendu possible par la compétence et l'entraide de toute une équipe.

  • Et enfin merci aux 656 élèves qui ont envahi les auditoires et qui, cette année encore, ont relevé le beau défi de la version latine.

Suit ensuite l'historique des "Rencontres latines". Pourquoi ce nom, pourquoi le concours de version et comment ce contact avec Arpino, ville italienne située dans la région du Latium ?
Pour en savoir plus, cliquez ici ou allez dans la rubrique "Historique, ci-dessus !

La 1ère partie se termina par encore des remerciements :


Mais trêve de nostalgie ! Il est plus que temps d'en venir à la proclamation des résultats et à la remise des prix.

Non sans avoir cependant lancé une dernière salve de remerciements à toutes les personnalités et organisations qui nous ont fait part de leur sympathie et de leur soutien et qui, dans un contexte économique difficile, nous permettent d'offrir ce soir de nombreux prix. Je vous épargnerai ici une énumération fastidieuse, en vous renvoyant au palmarès qui reprendra la liste de notre comité d’honneur et de nos « mécènes » ou « sponsores ». On y trouve de nombreuses personnalités des mondes politique, diplomatique, académique, juridique, ecclésiastique, et bien sûr, pédagogique,…

Qu'ils en soient vivement remerciés !

Voici la deuxième intervention, celle de M. Pierre Assenmaker, présenté ci-dessus.

Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,
Chers collègues professeurs de latin,
Chers rhétoriciens,

C’est pour moi un plaisir de vous accueillir, au nom du recteur de l’Université de Namur, M. Yves Poullet, et du doyen de la Faculté de Philosophie et lettres, M. David Vrydaghs, à la proclamation des lauréats de cette 32e édition des Rencontres latines. Au-delà des raisons protocolaires de mon allocution – qui sera brève, rassurez-vous –, le bonheur de m’adresser à vous aujourd’hui est réel au vu du succès de l’entreprise, du pari chaque année relevé, que sont ces Rencontres latines. En ce jour, en effet, vous qui êtes présents dans cet auditoire, ainsi que des centaines d’autres rhétoriciens et professeurs de latin, vous avez fait route vers Namur, vous avez rempli les auditoires de son université, parcouru ses rues, découvert peut-être ses cafés… tout cela pour une seule raison : vous mesurer à une dizaine de lignes d’un texte vieux de plus de deux mille ans, écrit dans une langue morte (et traînant de surcroit, avouons-le, une réputation pour le moins austère), un texte prononcé pour faire l’éloge d’un homme politique romain dont le nom n’est plus guère connu que des spécialistes. Cette affluence ne manquerait pas d’étonner, sans doute, tous ceux qui, depuis des générations, nous annoncent la mort du latin. Mais l’avantage d’une langue morte – vous excuserez cette lapalissade – c’est qu’on ne peut plus la tuer. « Le latin est mort, vive le latin ! », pour citer le titre malicieux d’un récent ouvrage retraçant l’histoire de cette langue désormais immortelle[1].

Comment expliquer cette affluence, qui ne se dément à aucune édition des Rencontres latines ? On analyse généralement, par nécessité, les causes des échecs ; j’aimerais réfléchir un peu aujourd’hui sur les causes d’une réussite : celle de ces Rencontres latines, celle aussi, plus largement, de l’enseignement de cette langue latine, un enseignement qui a été si souvent maltraité par quelques mains puissantes mais grossières, un enseignement qui est malgré cela innovant et vivant, grâce au feu sacré et à la conviction de centaines d’enseignants, véritables artisans d’humanisme. Une première raison de cette réussite, j’oserai dire qu’elle réside dans la dimension ludique inhérente à la découverte d’une langue, qu’elle soit vivante ou morte. Vous qui êtes présents ce soir, de même que tous les rhétoriciens qui ont partagé les auditoires avec vous ce matin, vous nous démontrez une chose : le plaisir qu’il y a à mesurer son intelligence à un grand texte, à le pénétrer, à l’apprivoiser, à négocier avec lui, pour tenter enfin de le rendre dans notre langue. Aucun décret, aucun pacte d’excellence n’a contraint personne d’entre vous aujourd’hui à consacrer plusieurs heures de son temps à cet exercice pourtant difficile. Il faut se rendre à l’évidence : la version latine peut être un plaisir ! Sans qu’il faille le raser ou le survoler, le texte latin est un terrain de jeu. Or, ce jeu de la traduction, nous en connaissons les vertus, éprouvées de longue date, pour une formation intellectuelle alliant rigueur et souplesse, sens du détail et vue de l’ensemble. Ce jeu mérite à un autre titre encore de figurer en bonne place dans l’enseignement secondaire en ce début de XXIe siècle. Le philologue, écrivain et traducteur italien Antonio Prete a consacré un beau livre à ce qu’il appelle très justement « l’art de la traduction »[2]. Le premier chapitre de cet ouvrage est intitulé « L’hospitalité ». Cette hospitalité, c’est celle qui s’instaure entre deux textes, le texte original et sa traduction, entre deux langues, entre deux esprits. Je cite Antonio Prete (dans une traduction… justement !) : « Le traducteur part non pas d’une possibilité de compréhension directe de l’autre langue mais de sa différence, de son éloignement. C’est cet éloignement que le traducteur doit […] ne pas abolir artificiellement mais laisser entrevoir dans la langue d’arrivée » (p. 24-25). La traduction est donc cet effort ininterrompu et toujours inachevé pour maintenir – je cite à nouveau – « dans un équilibre précieux même si difficile, obscur, provisoire et abstrait, la richesse d’une relation, le surprenant bonheur d’un dialogue » (p. 25). « La richesse d’une relation » avec ce qui nous est étranger, le « surprenant bonheur d’un dialogue » avec ce qui nous vient d’ailleurs : n’est-ce pas là ce que notre Europe, en pleine crise des réfugiés, a tant de mal à redécouvrir aujourd’hui ? Initier les jeunes à l’art de la traduction, qu’on ne pratique plus guère avec toute l’ascèse requise que dans le cadre des cours de langues anciennes, c’est donc contribuer à sensibiliser une génération à la compréhension et l’accueil de la différence.

Une seconde raison susceptible d’expliquer le succès de l’enseignement du latin, c’est – malgré la distance linguistique et chronologique – la proximité parfois stupéfiante de certains textes. À travers des personnages vieux de deux mille ans, à travers une civilisation disparue, souvent, ces textes nous parlent de nous et jettent une lumière – parfois crue – sur notre monde. C’est le cas du texte que vous avez traduit aujourd’hui. Vous y avez découvert la figure grave et émouvante de Servius Sulpicius Rufus : un juriste et un homme politique qui, dans la tourmente de la guerre civile qui déchire Rome, fait le choix de servir l’État au détriment de sa santé, et qui en meurt. Depuis plusieurs mois, l’actualité de notre pays et de pays voisins ou plus lointains nous donne à voir chaque jour une véritable galerie d’anti-Sulpicius. On en viendrait à désespérer de trouver dans la classe politique une femme où un homme prêt à servir l’État uel extremo spiritu, « jusqu’à son dernier souffle ». Où découvrirons-nous un Sulpicius, nous qui sommes pris en tenailles entre les discours populistes à la simplicité mensongère et le lapsus tragiquement révélateur d’un de ceux qui considèrent naturel que l’accès à la haute sphère des décideurs soit réservé aux salaires de plus de 4800 euros ? Mais nous ne désespérons pas ce soir, car la classe politique est représentée dans cet auditoire. Votre présence nous indique que les enseignants, leur métier et les valeurs qu’ils véhiculent ont encore une place dans l’agenda de nos hommes politiques. Une place importante même : il y a eu accord ces dernières heures sur un certain Pacte d’excellence, qui conservera une place au latin. C’est entendu. Il s’agira de voir de quel latin on parle. Il faudra veiller à ce qu’il s’agisse d’un enseignement du latin en mesure d’initier les jeunes au jeu de la langue et aux difficiles beautés de l’art de la traduction (entendue, je l’ai dit comme démarche non seulement linguistique, mais aussi culturelle).

Beaucoup de questions en suspens, donc. Et il convient plus que jamais d’être vigilant. Mais pour l’heure, réjouissons-nous : des centaines de jeunes se sont rassemblés aujourd’hui pour le seul plaisir du corps-à-corps, de « l’esprit-à-esprit » avec un texte latin, pour découvrir ce qu’il avait à nous dire hic et nunc. Le pari des Rencontres latines a été remporté, une fois de plus, haut la main. Ce fut possible, cette année encore, grâce dévouement et au travail – bénévole ! – de dizaines de personnes, les organisateurs de cette rencontre et tous les professeurs qui ont encadré les étudiants pendant la version et œuvré à la correction des centaines de copies. De véritables « cumulards » de la cause latine, qui demain retrouveront leurs classes et leurs propres copies à corriger. Qu’ils en soient tous remerciés et félicités !

Mais avant de quitter Namur et de se donner rendez-vous l’année prochaine, il reste un moment important, que vous attendez avec une impatience légitime : la proclamation des lauréats de cette 32e édition.



[1] Wilfried Stroh, Le latin est mort, vive le latin ! Petite histoire d’une grande langue, traduit de l’allemand par Sylvain Bluntz, Les Belles Lettres, Paris, 2008.

[2] Antonio Prete, À l’ombre de l’autre langue. Pour un art de la traduction, traduit de l’italien par Danièle Robert, Les éditions chemin de ronde, Cadenet, 2013.

 

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Donateurs

Pour l’attribution des prix 

la Fédération des Professeurs de Grec et de Latin (prix de 300 euros attribué au premier lauréat)
l'Association Européenne Des Enseignants-Ens. libre (Prix de l'A.E.D.E. - E.L. : 500 €) (www.aede-el.be)
la Fondation Roi Baudouin 
les établissements scolaires du Diocèse de Liège
les établissements scolaires du Diocèse de Malines-Bruxelles
les établissements scolaires du Diocèse de Namur-Luxembourg
les établissements scolaires du Diocèse de Tournai

Les dons en espèces contribueront à financer le voyage à Arpino des lauréats sélectionnés pour le "Certamen Ciceronianum".

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LA PRESSE

- RTL Info 13h - 08/03/2017  : http://www.rtl.be/info/Video/619148.aspx
- La Une - JT de 13h - 08/03/2017 : http://www.rtbf.be/auvio/detail_jt-13h?id=2192578 (à partir de 10 min 54)

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